Révèle tes compétences
Par Christelle Riollant • Accompagnatrice VAE EJE • Mis à jour en août 2026
Il n’est plus nécessaire de justifier d’une durée minimale d’un an ou de 1 600 heures d’expérience pour engager une VAE.
Ce qui compte avant tout, c’est que vos expériences aient un lien avec les activités et les compétences attendues pour le diplôme d’Éducateur de Jeunes Enfants.
Ces expériences peuvent avoir été acquises dans différents contextes professionnels. L’enjeu n’est donc pas seulement de savoir depuis combien de temps vous travaillez dans la petite enfance, mais surtout ce que vos expériences vous ont réellement permis de faire, de comprendre et de développer comme compétences.
Lors de l’étude de votre recevabilité, le certificateur vérifie justement le lien entre vos expériences et le référentiel de la certification visée.
Autrement dit : avoir beaucoup d’années d’expérience ne garantit pas à lui seul que votre expérience couvre suffisamment les attendus du DEEJE.
Non. Vous n’avez évidemment pas besoin d’être déjà diplômé EJE pour engager une VAE EJE.
En revanche, vos expériences doivent vous avoir permis de développer des compétences suffisamment proches de celles attendues dans le métier.
Travailler auprès de jeunes enfants constitue une expérience précieuse, mais le métier d’EJE ne se limite pas à l’accompagnement quotidien de l’enfant.
Selon votre parcours, il faudra notamment pouvoir mettre en évidence des compétences autour de l’accompagnement du jeune enfant et de sa famille, de la coéducation, de la conception et de la conduite de projets, du travail en équipe, de la communication professionnelle, du partenariat et de l’inscription de votre pratique dans un contexte institutionnel et social.
C’est donc votre expérience réelle et les compétences que vous avez développées qu’il faut regarder, et pas uniquement l’intitulé inscrit sur votre fiche de poste.
C’est probablement la question la plus importante à vous poser avant de vous lancer.
Travailler depuis plusieurs années en crèche ou dans le secteur de la petite enfance ne signifie pas automatiquement que toutes les compétences attendues pour le DEEJE ont déjà été développées.
À l’inverse, vous n’avez pas nécessairement besoin d’avoir occupé un poste portant officiellement le titre d’« EJE » pour avoir construit des compétences pertinentes.
Regardez plutôt ce que vous faites réellement sur le terrain : quelle place prenez-vous dans l’accompagnement des enfants et des familles ? Participez-vous à la réflexion éducative ? Concevez-vous ou conduisez-vous des projets ? Comment travaillez-vous avec l’équipe ? Avec quels partenaires ? Comment analysez-vous vos pratiques ? Quelle compréhension avez-vous du cadre institutionnel dans lequel vous exercez ?
Le référentiel du diplôme devient ici votre boussole : il vous permet de comparer votre expérience avec les compétences attendues et d’identifier à la fois vos points forts et les compétences que vous devrez encore développer ou rendre davantage visibles.
La VAE ne consiste donc pas à prouver que vous avez « fait beaucoup de choses ». Il s’agit de permettre au jury de comprendre ce que vos expériences disent de vos compétences professionnelles.

Le parcours de VAE EJE se déroule en plusieurs grandes étapes. Les modalités administratives peuvent évoluer selon le dispositif par lequel vous engagez votre VAE et la version du diplôme concernée, mais la logique reste la même :
1. Vérifier que votre expérience correspond au DEEJE
Avant toute chose, il faut comparer vos expériences avec le référentiel du diplôme et vérifier que votre projet de VAE est cohérent.
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2. Effectuer votre demande de recevabilité (dossier de faisabilité)
Cette première étape administrative permet au certificateur d’étudier votre parcours et de vérifier que vos expériences présentent bien un lien avec les activités et compétences du diplôme visé.
3. Préparer votre dossier de validation
Une fois recevable, vous entrez dans le cœur du travail : présenter et surtout analyser vos expériences professionnelles afin de rendre visibles les compétences que vous avez développées.
4. Déposer votre dossier
Votre dossier est ensuite transmis selon les modalités et le calendrier prévus pour votre parcours.
5. Passer devant le jury de VAE
Le jury étudie votre dossier puis vous rencontre lors d’un entretien. Il peut décider d’une validation totale, d’une validation partielle ou d’une non-validation.
La VAE est donc bien plus qu’une démarche administrative : la plus grande partie du travail se situe entre la recevabilité et le jury.
La première étape officielle consiste à effectuer une demande de recevabilité.
Son objectif est simple : vérifier que votre projet de VAE correspond bien au diplôme que vous souhaitez obtenir.
Le certificateur examine notamment vos expériences et leur lien avec les activités et compétences du référentiel du DEEJE. La recevabilité ne signifie donc pas que votre diplôme est acquis : elle vous autorise à poursuivre votre démarche et à préparer votre dossier de validation.
Attention : les démarches administratives de la VAE EJE évoluent actuellement.
Le DEEJE connaît une transition de référentiel en 2026. Si vous êtes déjà engagée dans un parcours, ne recommencez donc aucune démarche sans vérifier les modalités correspondant à votre situation et à la version du diplôme sur laquelle vous êtes inscrite.
Pour une nouvelle démarche, vérifiez toujours les informations actualisées sur le portail officiel France VAE et auprès du certificateur avant de déposer votre demande.
Tu es à cette étape ? J’ai préparé un guide complet pour t’aider à remplir ton dossier de faisabilité VAE EJE rubrique par rubrique.
Une fois votre recevabilité obtenue, vous pouvez entrer dans le cœur de votre VAE : la rédaction du dossier de validation, encore très souvent appelé Livret 2.
Ce dossier doit permettre au jury d’identifier les connaissances et les compétences que vous avez acquises grâce à vos expériences et de les mettre en regard des compétences exigées pour obtenir le DEEJE.
Et c’est là qu’une confusion revient très souvent : raconter son expérience ne suffit pas.
Le jury ne cherche pas seulement à savoir ce que vous avez fait. Il doit pouvoir comprendre pourquoi vous avez agi ainsi, ce que vous avez observé, analysé, décidé, ajusté et évalué, mais aussi comment vous vous positionnez professionnellement.
Vos situations professionnelles deviennent donc le support permettant de rendre visibles vos compétences.
Votre dossier doit progressivement faire apparaître votre compréhension du jeune enfant et de sa famille, votre posture éducative, votre capacité d’analyse, votre inscription dans une équipe et une institution, votre travail autour des projets, votre connaissance de votre environnement professionnel et votre capacité à travailler avec différents partenaires.
Un bon Livret 2 n’est donc pas celui qui raconte le plus. C’est celui qui permet de comprendre votre raisonnement professionnel.
Si tu es déjà dans la rédaction, retrouve mon guide complet consacré au Livret 2 / dossier de validation VAE EJE.
Le dossier de validation de la VAE EJE permet de présenter jusqu’à trois situations professionnelles, réparties dans une, deux ou trois expériences.
Vous pouvez donc, par exemple, présenter vos trois situations à partir d’une même expérience professionnelle, ou les répartir entre plusieurs expériences si cela permet de mieux représenter la diversité de votre parcours.
L’objectif n’est pas de multiplier les situations, mais de choisir celles qui permettent de couvrir au mieux les compétences du diplôme et de montrer la richesse de votre pratique professionnelle.
Si vous avez déjà obtenu une validation partielle du DEEJE, le contenu de votre dossier sera naturellement adapté aux blocs ou domaines de compétences qu’il vous reste à valider.
Mieux vaut trois situations réellement analysées que trois situations choisies simplement parce qu’elles semblent “impressionnantes”.

Après le dépôt de ton dossier de validation, tu es convoquée à un entretien devant un jury.
Le jury a déjà pris connaissance de ton dossier. L’objectif de l’entretien n’est donc pas de te demander de le réciter ni de vérifier si tu as appris suffisamment de théorie.
Il permet aux membres du jury d’approfondir certains éléments de ton dossier, de te demander des précisions et de vérifier que les compétences que tu présentes correspondent bien à celles attendues pour le diplôme d’Éducateur de Jeunes Enfants.
Des questions peuvent porter sur les situations décrites dans ton dossier, mais l’échange peut également t’amener à expliciter ton raisonnement, tes choix professionnels, ton positionnement, ta connaissance de ton environnement professionnel ou encore ta manière d’analyser une situation.
Selon les modalités prévues pour ta session, une présentation de ton parcours peut également précéder l’échange avec le jury.
L’oral n’est donc pas un examen de connaissances au sens classique. C’est l’occasion de permettre au jury de mieux comprendre la professionnelle qui se trouve derrière le dossier qu’il a lu.

Préparer son oral ne consiste pas à apprendre une liste de réponses toutes faites aux questions du jury.
La première étape est de relire réellement ton dossier : les situations choisies, tes analyses, les éléments que tu as peut-être moins développés et les compétences du référentiel auxquelles ton expérience peut être reliée.
Tu dois être capable d’expliquer tes choix avec tes propres mots, d’apporter d’autres exemples lorsque cela est nécessaire et de prendre suffisamment de recul pour parler de ta pratique professionnelle.
Prépare également ta présentation si elle est demandée, mais évite de la transformer en récitation chronométrée au mot près.
Enfin, entraîne-toi à répondre à des questions sans chercher immédiatement « la bonne réponse ». Un jury peut aussi vouloir comprendre comment tu réfléchis face à une situation professionnelle.
L’objectif n’est pas de devenir incollable sur toutes les questions possibles. Il est d’arriver devant le jury en connaissant suffisamment ton dossier, ton référentiel et ta propre pratique pour pouvoir entrer dans un véritable échange professionnel.
Ton dossier est envoyé ? Retrouve mon guide complet pour préparer l’oral VAE EJE et comprendre ce que le jury cherchera à approfondir avec toi.

À l’issue de l’évaluation, trois résultats sont possibles :
La validation totale
Le jury considère que tes acquis permettent de valider l’ensemble des compétences requises. Tu obtiens le diplôme.
La validation partielle
Certaines compétences ou certains blocs sont validés, mais pas l’ensemble du diplôme. Les blocs acquis sont identifiés et tu peux poursuivre ton parcours afin de travailler ceux qu’il te reste à obtenir.
La non-validation
Le jury considère que les éléments présentés dans ton dossier et lors de l’entretien ne permettent pas de valider les compétences ou blocs visés.
Une validation partielle ou une non-validation ne signifie donc pas simplement que ton dossier était « mal écrit ». Le jury évalue les compétences qu’il peut identifier à partir de ton expérience, de ton dossier et de l’entretien.
Il est alors particulièrement important de comprendre ce qui n’a pas pu être validé et pourquoi, afin de déterminer la suite la plus pertinente : développer certaines compétences par l’expérience, retravailler son dossier, se former ou préparer un nouveau passage devant le jury.
Il n’existe évidemment aucune recette permettant de garantir une validation.
En revanche, certaines bases sont essentielles.
Connaître le référentiel.
C’est lui qui définit les compétences que le jury doit pouvoir évaluer.
Choisir des expériences pertinentes.
Une situation spectaculaire n’est pas nécessairement une bonne situation de VAE. Elle doit surtout te permettre de rendre visibles plusieurs compétences et ta manière de réfléchir professionnellement.
Analyser plutôt que simplement raconter.
Le jury a besoin de comprendre ce qui guide tes décisions : observations, hypothèses, objectifs, choix, ajustements, évaluation…
Rester fidèle à ta pratique.
Ajouter de la théorie pour « faire EJE » ou construire artificiellement une posture professionnelle que tu ne peux pas expliquer à l’oral est rarement une bonne stratégie.
Préparer l’entretien.
Ton dossier et ton oral forment un ensemble. Ce que tu écris doit donc être suffisamment maîtrisé pour pouvoir être expliqué, précisé et questionné.
Et surtout : la VAE ne consiste pas à convaincre le jury que tu mérites le diplôme. Elle consiste à lui permettre d’évaluer les compétences que ton expérience t’a réellement permis de construire.
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