L'Oral de VAE d'EJE

Comment se déroule un oral de VAE Éducateur de Jeunes Enfants ?

Si tu prépares actuellement la VAE d’EJE, il y a de fortes chances que l’oral te fasse plus peur que la rédaction du livret 2.

Et je comprends.

Chaque année, j’accompagne des candidates qui me disent :

« J’ai peur qu’on me piège. »
« J’ai peur de ne pas savoir répondre. »
« J’ai peur qu’on me pose une question que je n’ai pas préparée. »

Pourtant, après avoir participé à de nombreux jurys de VAE EJE, je peux te dire une chose : Le jury n’est pas là pour te piéger.

Il est là pour comprendre qui tu es comme professionnelle.

Qui compose le jury ?

La composition exacte peut varier selon les académies et les organismes certificateurs.

Mais, pour le diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants, tu trouveras généralement des professionnels du secteur et des formateurs connaissant parfaitement les attendus du métier.

Le jury a déjà lu ton dossier avant ton passage. Lorsque tu entres dans la salle, les membres du jury connaissent déjà ton parcours, tes situations professionnelles et tes expériences.

L’entretien ne commence donc pas de zéro.

L'oral VAE EJE n'est pas un examen scolaire

C’est probablement la première chose à comprendre.

Tu ne passes pas un contrôle de connaissances.Tu ne dois pas réciter des auteurs par  cœur. Tu ne dois pas restituer un cours appris la veille.

Le jury cherche avant tout à vérifier que ton expérience professionnelle correspond aux attendus du diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants.

Autrement dit :

Peux-tu démontrer que tu agis, analyses, réfléchis et te positionnes comme une EJE ?

C’est cela qui est évalué. 

Combien de temps dure l'oral ?

Selon les académies, l’entretien dure généralement entre 30 minutes et une heure.

La durée exacte importe finalement assez peu.

Ce qui compte, c’est la qualité de ce que tu apportes dans l’échange.

Comment se déroule l'entretien ?

Même si chaque jury possède son fonctionnement, on retrouve souvent plusieurs étapes.

1. L’accueil et la présentation

Le jury rappelle généralement le cadre de l’entretien et son déroulement.

Selon les académies, il peut te demander de commencer par une présentation de ton parcours.

Cette présentation est souvent courte.

L’objectif n’est pas de raconter toute ta vie professionnelle.

L’objectif est de donner les grandes lignes de ton parcours et de ton projet.

2. Les questions sur le livret 2

C’est le cœur de l’entretien.

Contrairement à une idée reçue, le jury ne cherche pas à te faire réciter ton dossier.

Il cherche à comprendre ce qui se cache derrière ce qui est écrit.

Pourquoi as-tu pris telle décision ?

Comment as-tu analysé cette situation ?

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

Que ferais-tu différemment aujourd’hui ?

Quels étaient les enjeux pour l’enfant, la famille ou l’équipe ?

Le jury cherche à accéder à ton raisonnement professionnel.

Peut-on parler de choses qui ne sont pas dans le livret 2 ?

Oui. Et heureusement.

Entre la rédaction du dossier et le passage devant le jury, plusieurs mois peuvent parfois s’écouler.

Des projets ont avancé. Tu as suivi des formations. Tu as développé de nouvelles compétences. Tu as peut-être changé de structure ou de poste.

L’oral permet justement de montrer cette évolution professionnelle.

L’objectif n’est pas de réciter le livret 2.

L’objectif est d’éclairer ton parcours et de permettre au jury de mieux comprendre la professionnelle que tu es aujourd’hui.

D’ailleurs, les textes officiels rappellent que l’entretien sert à approfondir et expliciter les éléments du dossier. Le jury peut demander des précisions, des compléments ou des développements sur certaines activités présentées.

Les questions du jury sont-elles théoriques ?

Parfois. Mais rarement de la manière dont les candidates l’imaginent.

Le jury ne cherche généralement pas à savoir si tu connais la définition exacte d’un concept. En revanche, il peut vérifier que tu comprends ce qui fonde tes pratiques.

Par exemple :

Pourquoi as-tu choisi cette posture ?

Quels besoins de l’enfant as-tu identifiés ?

Quels sont les enjeux de la coéducation ?

Comment travailles-tu avec les familles ?

Comment analyses-tu le développement de cet enfant ?

La théorie n’est pas une fin en soi. Elle est au service de l’analyse de la pratique.

Ce que le jury cherche vraiment

Avec les années, j’ai observé que le jury cherche principalement à comprendre quatre choses :

  • – Qui agit réellement dans les situations présentées ;
  • – Comment tu réfléchis professionnellement ;
  • – Comment tu analyses les besoins de l’enfant et de sa famille ;
  • – Comment tu te positionnes comme Éducatrice de Jeunes Enfants.

Ce n’est pas la situation la plus spectaculaire qui convainc le jury. C’est souvent la candidate capable d’expliquer clairement pourquoi elle agit ainsi.

Les erreurs que je vois le plus souvent

Certaines erreurs reviennent régulièrement :

  • – Répéter mot pour mot le livret 2 ;
  • – Répondre uniquement de façon descriptive ;
  • – Parler toujours de « l’équipe » sans expliquer son propre rôle ;
  • – Oublier de parler en « je » ;
  • – Minimiser son expérience ;
  • – Penser que son parcours est banal.

Aucun parcours n’est banal lorsqu’il est analysé avec une véritable posture professionnelle.

Mon conseil de jury

Si je ne devais te donner qu’un seul conseil, ce serait celui-ci :

Ne cherche pas à impressionner le jury.

Cherche à lui faire comprendre comment tu travailles.

Le jury n’attend pas une professionnelle parfaite. Il attend une professionnelle capable d’analyser sa pratique, de prendre du recul et de montrer les compétences attendues d’une Éducatrice de Jeunes Enfants.

Et très souvent, tu es déjà plus proche du diplôme que tu ne le crois.

Ce que j'écris dans mes notes pendant un oral de VAE EJE

Je vais te faire une confidence.

Quand je suis jury, je ne suis pas en train de noter si la candidate parle vite, si elle est stressée ou si elle cherche ses mots.

D’ailleurs, la plupart des candidates sont stressées. Et c’est normal.

Ce que j’écris dans mes notes est souvent très différent de ce qu’elles imaginent.

Je note par exemple :

  • -Est-ce qu’elle est capable d’expliquer ses choix professionnels ?
  • -Est-ce qu’elle comprend les besoins de l’enfant ?
  • -Est-ce qu’elle analyse les situations ou se contente de les raconter ?
  • -Est-ce qu’elle sait prendre du recul sur sa pratique ?
  • -Est-ce qu’elle est capable de remettre en question certaines de ses actions ?
  • -Est-ce qu’elle identifie les limites de son intervention ?
  • -Est-ce qu’elle comprend son rôle spécifique d’Éducatrice de Jeunes Enfants ?
  • -Est-ce qu’elle sait travailler avec les familles ?
  • -Est-ce qu’elle sait travailler avec une équipe et des partenaires ?
  • -Est-ce qu’elle parle de ce qu’elle a réellement fait ou uniquement de ce que « l’équipe » a fait ?

Et parfois, j’écris simplement :

« Bonne analyse. »
« Posture EJE bien identifiée. »
« Réflexion pertinente. »
« Exemple concret. »
« Prend en compte le point de vue de l’enfant. »
« Évolution professionnelle visible. »

À l’inverse, certaines notes reviennent lorsque le jury peine à identifier les compétences :

« Reste descriptive. »
« Difficulté à expliquer ses choix. »
« Peu de prise de recul. »
« Réponses très générales. »
« Manque d’exemples concrets. »
« Ne parvient pas à situer son rôle. »

Tu remarqueras quelque chose.

Aucune de ces notes ne concerne le fait d’avoir cité un auteur.

Aucune ne concerne le fait d’avoir utilisé des mots compliqués.

Aucune ne concerne le fait d’avoir donné une réponse parfaite.

Parce qu’un oral de VAE n’est pas un concours d’éloquence. C’est une rencontre professionnelle.

Le jury cherche à comprendre la professionnelle qui se trouve devant lui.

Alors, lorsque tu prépares ton oral, pose-toi cette question :

« Est-ce que mes réponses permettent de comprendre comment je réfléchis et comment j’accompagne les enfants, les familles et les équipes ? »

Si la réponse est oui, tu es probablement sur la bonne voie.

En sortant d’un jury, il m’est arrivé de me souvenir pendant des mois d’une candidate qui avait su parler avec simplicité d’un regroupement, d’une transmission ou d’un accompagnement de famille. Pas parce que la situation était extraordinaire. Mais parce qu’elle avait réussi à rendre visible toute la réflexion professionnelle qui se cachait derrière un geste du quotidien.

Christelle Riollant, le 3 juin 2026

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