Révèle tes compétences
Si tu prépares actuellement la VAE d’EJE, il y a de fortes chances que l’oral te fasse plus peur que la rédaction du livret 2.
Et je comprends.
Chaque année, j’accompagne des candidates qui me disent :
« J’ai peur qu’on me piège. »
« J’ai peur de ne pas savoir répondre. »
« J’ai peur qu’on me pose une question que je n’ai pas préparée. »
Pourtant, après avoir participé à de nombreux jurys de VAE EJE, je peux te dire une chose : Le jury n’est pas là pour te piéger.
Il est là pour comprendre qui tu es comme professionnelle.
La composition exacte peut varier selon les académies et les organismes certificateurs.
Mais, pour le diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants, tu trouveras généralement des professionnels du secteur et des formateurs connaissant parfaitement les attendus du métier.
Le jury a déjà lu ton dossier avant ton passage. Lorsque tu entres dans la salle, les membres du jury connaissent déjà ton parcours, tes situations professionnelles et tes expériences.
L’entretien ne commence donc pas de zéro.
C’est probablement la première chose à comprendre.
Tu ne passes pas un contrôle de connaissances.Tu ne dois pas réciter des auteurs par cœur. Tu ne dois pas restituer un cours appris la veille.
Le jury cherche avant tout à vérifier que ton expérience professionnelle correspond aux attendus du diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants.
Autrement dit :
Peux-tu démontrer que tu agis, analyses, réfléchis et te positionnes comme une EJE ?
C’est cela qui est évalué.
Selon les académies, l’entretien dure généralement entre 30 minutes et une heure.
La durée exacte importe finalement assez peu.
Ce qui compte, c’est la qualité de ce que tu apportes dans l’échange.
Même si chaque jury possède son fonctionnement, on retrouve souvent plusieurs étapes.
Le jury rappelle généralement le cadre de l’entretien et son déroulement.
Selon les académies, il peut te demander de commencer par une présentation de ton parcours.
Cette présentation est souvent courte.
L’objectif n’est pas de raconter toute ta vie professionnelle.
L’objectif est de donner les grandes lignes de ton parcours et de ton projet.
C’est le cœur de l’entretien.
Contrairement à une idée reçue, le jury ne cherche pas à te faire réciter ton dossier.
Il cherche à comprendre ce qui se cache derrière ce qui est écrit.
Pourquoi as-tu pris telle décision ?
Comment as-tu analysé cette situation ?
Quelles difficultés as-tu rencontrées ?
Que ferais-tu différemment aujourd’hui ?
Quels étaient les enjeux pour l’enfant, la famille ou l’équipe ?
Le jury cherche à accéder à ton raisonnement professionnel.
Oui. Et heureusement.
Entre la rédaction du dossier et le passage devant le jury, plusieurs mois peuvent parfois s’écouler.
Des projets ont avancé. Tu as suivi des formations. Tu as développé de nouvelles compétences. Tu as peut-être changé de structure ou de poste.
L’oral permet justement de montrer cette évolution professionnelle.
L’objectif n’est pas de réciter le livret 2.
L’objectif est d’éclairer ton parcours et de permettre au jury de mieux comprendre la professionnelle que tu es aujourd’hui.
D’ailleurs, les textes officiels rappellent que l’entretien sert à approfondir et expliciter les éléments du dossier. Le jury peut demander des précisions, des compléments ou des développements sur certaines activités présentées.
Parfois. Mais rarement de la manière dont les candidates l’imaginent.
Le jury ne cherche généralement pas à savoir si tu connais la définition exacte d’un concept. En revanche, il peut vérifier que tu comprends ce qui fonde tes pratiques.
Par exemple :
Pourquoi as-tu choisi cette posture ?
Quels besoins de l’enfant as-tu identifiés ?
Quels sont les enjeux de la coéducation ?
Comment travailles-tu avec les familles ?
Comment analyses-tu le développement de cet enfant ?
La théorie n’est pas une fin en soi. Elle est au service de l’analyse de la pratique.
Avec les années, j’ai observé que le jury cherche principalement à comprendre quatre choses :
Ce n’est pas la situation la plus spectaculaire qui convainc le jury. C’est souvent la candidate capable d’expliquer clairement pourquoi elle agit ainsi.
Certaines erreurs reviennent régulièrement :
Aucun parcours n’est banal lorsqu’il est analysé avec une véritable posture professionnelle.
Si je ne devais te donner qu’un seul conseil, ce serait celui-ci :
Ne cherche pas à impressionner le jury.
Cherche à lui faire comprendre comment tu travailles.
Le jury n’attend pas une professionnelle parfaite. Il attend une professionnelle capable d’analyser sa pratique, de prendre du recul et de montrer les compétences attendues d’une Éducatrice de Jeunes Enfants.
Et très souvent, tu es déjà plus proche du diplôme que tu ne le crois.
Je vais te faire une confidence.
Quand je suis jury, je ne suis pas en train de noter si la candidate parle vite, si elle est stressée ou si elle cherche ses mots.
D’ailleurs, la plupart des candidates sont stressées. Et c’est normal.
Ce que j’écris dans mes notes est souvent très différent de ce qu’elles imaginent.
Je note par exemple :
Et parfois, j’écris simplement :
« Bonne analyse. »
« Posture EJE bien identifiée. »
« Réflexion pertinente. »
« Exemple concret. »
« Prend en compte le point de vue de l’enfant. »
« Évolution professionnelle visible. »
À l’inverse, certaines notes reviennent lorsque le jury peine à identifier les compétences :
« Reste descriptive. »
« Difficulté à expliquer ses choix. »
« Peu de prise de recul. »
« Réponses très générales. »
« Manque d’exemples concrets. »
« Ne parvient pas à situer son rôle. »
Tu remarqueras quelque chose.
Aucune de ces notes ne concerne le fait d’avoir cité un auteur.
Aucune ne concerne le fait d’avoir utilisé des mots compliqués.
Aucune ne concerne le fait d’avoir donné une réponse parfaite.
Parce qu’un oral de VAE n’est pas un concours d’éloquence. C’est une rencontre professionnelle.
Le jury cherche à comprendre la professionnelle qui se trouve devant lui.
Alors, lorsque tu prépares ton oral, pose-toi cette question :
« Est-ce que mes réponses permettent de comprendre comment je réfléchis et comment j’accompagne les enfants, les familles et les équipes ? »
Si la réponse est oui, tu es probablement sur la bonne voie.
En sortant d’un jury, il m’est arrivé de me souvenir pendant des mois d’une candidate qui avait su parler avec simplicité d’un regroupement, d’une transmission ou d’un accompagnement de famille. Pas parce que la situation était extraordinaire. Mais parce qu’elle avait réussi à rendre visible toute la réflexion professionnelle qui se cachait derrière un geste du quotidien.
Christelle Riollant, le 3 juin 2026
Si tu te poses des questions, si tu hésites, ou si tu veux être accompagnée dans ta VAE Éducateur de Jeunes Enfants, je t’invite à me contacter.
Nous pourrons échanger simplement sur ta situation et voir ensemble ce qui te conviendrait le mieux.